Juger ou... observer ?
- Philippe Satre
- 18 janv. 2025
- 2 min de lecture
Les humains qui nous entourent s’expriment dans une infinité de comportements, de pensées et de situations. Face aux autres, deux postures se présentent à nous : celle de l’observateur et celle du juge.
Si l’une invite à la curiosité et à l’ouverture, l’autre tend à nous enfermer dans des conclusions parfois hâtives. L’option que nous choisissons reflète souvent une attitude fondamentale envers soi-même, les autres et le monde.
Observer, c’est d’abord reconnaître que l’on ne détient pas toutes les clés de compréhension, c’est adopter une attitude d’ouverture, c’est chercher à comprendre les raisons d’un comportement ou d’une situation, c’est se donner la possibilité d’explorer, d’écouter et d’apprendre.
Lors d’un conflit entre deux individus par exemple, un jugement impulsif pourrait nous amener à conclure à tort que l’un des deux est fautif. L’observation, en revanche, nous place dans une position de recul, d’examen des dynamiques relationnelles, des contextes individuels et des émotions en jeu. Cette posture permettra non seulement de mieux saisir la complexité de la situation, mais aussi et surtout d’identifier des pistes pour apaiser la tension et restaurer l’harmonie.
Qui plus est, l’observation va encourager chez nous une réflexion introspective : quelles sont mes perceptions, mes biais, mes émotions ? En devenant observateur nous gagnons en clarté et en sérénité.
Le jugement, en revanche, nous amène instinctivement à simplifier et à généraliser ce qui s’offre à nos yeux. Il appose une étiquette définitive sur une personne ou une situation, réduisant ainsi la possibilité d’un dialogue ou d’une évolution. Le jugement se fonde sur le filtre de nos valeurs personnelles qui, bien qu’importantes, ne sont ni universelles ni immuables.
Le jugement enferme celui qui juge autant que celui qui est jugé. Il crée des barrières, alimente la méfiance et les malentendus.
Se poser en observateur n’est pas un acte passif, mais vraiment une démarche active et créative. Cela implique de poser des questions, d’écouter sans supposer, d’accueillir les nuances. Cette approche ouvre la porte à la compréhension mutuelle, à l’empathie et à la résolution constructive des problèmes.
En adoptant une posture d’observation, nous permettons à l’autre de se révéler dans sa complexité et son authenticité. Nous dépassons nos réflexes de jugement pour mettre en avant notre volonté de comprendre la réalité parfois complexe à laquelle nous faisons face.
Se poser en observateurs plutôt qu’en juges nous amène à cultiver une relation plus saine avec les autres, mais d’abord et avant tout avec nous-mêmes. Nous choisissons alors de bâtir des ponts là où le jugement dresse des murs et de privilégier la connaissance face aux certitudes.

Commentaires