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Pour vivre heureux, vivons cachés ?...

  • Photo du rédacteur: Philippe Satre
    Philippe Satre
  • 11 janv. 2025
  • 2 min de lecture

Saviez-vous que la célèbre maxime « Pour vivre heureux, vivons cachés. » est en fait la morale de la fable « Le grillon », écrite par en 1792 (Jean-Pierre Claris de Florian).


Cette morale souligne que le bonheur peut être mieux préservé dans l'intimité et la discrétion, loin des regards du monde et des complications qu'apporte la notoriété. Elle vise à rappeler l'importance de la discrétion et de la tranquillité intérieure comme sources de bonheur. 


Pourrait-on aujourd’hui adopter cette maxime comme devise ?


Dans un monde hyperconnecté où chaque geste, chaque émotion, et chaque pensée sont partagés en une fraction de seconde, où les réseaux sociaux nous incitent à exposer chaque aspect de notre vie, et à transformer des instants privés en performances publiques, la notion de bonheur semble désormais inséparable de cette reconnaissance virtuelle qui valide notre existence sociale. 


Non seulement la quête constante de validation numérique nous éloigne de la discrétion prônée par la fable, mais la notion de bonheur est elle-même aujourd’hui conditionné par le regard des autres, et non par une satisfaction intime et personnelle.


La quête de l'intimité, si elle existe encore, se heurte aux exigences de la visibilité imposées par les médias sociaux, où l'existence sociale est mesurée par la quantité de "likes", de vues et d'abonnés.


Le paradoxe réside dans le fait que, même si nous choisissons de "vivre cachés", notre environnement numérique est construit de telle manière, qu’il va dévoiler, souvent à notre insu, les aspects les plus profonds de notre vie. Chaque recherche en ligne, chaque interaction, chaque localisation alimente des bases de données qui tracent un portrait de nous-mêmes, rendant illusoire toute tentative d'échapper à la surveillance numérique.


Ainsi, "vivre caché" dans le monde moderne est non seulement un défi presque impossible, mais il engendre une forme de marginalisation. Dans une société qui valorise la connexion et la visibilité permanente, choisir de rester en retrait est désormais perçu comme un acte de résistance, une volonté d'isolement, susceptibles de mener à l'exclusion. 


"Vivre caché" est aujourd'hui réduit à un idéal romantique, presque archaïque, qui contraste avec la réalité d'une époque où l'intimité est une ressource devenue inexistante et donc de plus en plus précieuse.

 
 
 

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