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Justification et imputabilité

  • Photo du rédacteur: Philippe Satre
    Philippe Satre
  • 8 févr. 2025
  • 2 min de lecture

Les êtres humains que nous sommes sont profondément influencés par la manière nous sommes perçus, consciemment, ou inconsciemment. 

À ce titre, il nous arrive parfois, souvent (?) de nous justifier aux yeux des autres, dans le but de maintenir une cohérence entre l’image que nous  projetons et la perception que nous avons de nous-même. 

Justification et imputabilité s’entrelacent dans cette dynamique où le regard de l’autre devient un miroir influençant nos jugements, nos décisions, nos comportements et, bien sûr, nos croyances.

Le biais de justification qui nous affecte alors, nous conduit à rationaliser nos choix et comportements, même lorsqu’ils sont irrationnels ou moralement discutables.

Lorsqu’une personne prend une décision, surtout si elle est critiquée ou remise en question, elle éprouve un besoin quasi instinctif de la défendre. Cette justification n’a pas seulement pour but de convaincre autrui, mais aussi de préserver une image positive d’elle-même.

Par exemple, un individu qui a soutenu une politique impopulaire peut être amené à trouver des raisons pour légitimer son choix, non pas parce qu’il est convaincu de sa justesse, mais parce qu’il refuse d’admettre qu’il s’est trompé.

Ce besoin de justification est étroitement lié à la notion d’imputabilité. Être imputable, c’est assumer la responsabilité de ses actes et en accepter les conséquences. Or, cette responsabilité ne prend pleinement son sens que dans un cadre social où nos actions sont évaluées par autrui. L’imputabilité est rendue tangible par le jugement des autres. 

Cette interaction entre justification et imputabilité met en évidence le poids de l’image que nous projetons. L’humain ajuste souvent son comportement en fonction de la perception de ce dernier par les autres, car être perçu comme inconséquent ou hypocrite nuit à sa crédibilité sociale.

L’exemple du biais de confirmation en politique illustre bien ce phénomène : une personne évite les informations qui contredisent ses convictions non seulement pour éviter la dissonance cognitive, mais aussi pour maintenir une image de cohérence et de fiabilité aux yeux de son entourage. Nombre d’exemples dans l’actualité très récente démontrent ce fait. 

Notre propre jugement n’est donc jamais totalement indépendant. Il est constamment modelé par la nécessité de justifier nos actes et souvent par le besoin d’être perçu d’une certaine manière.

Le regard de l’autre, loin d’être simplement observateur, influence la construction même de notre identité et... de notre rapport à la responsabilité.

L’imputabilité ne se résume pas à l’aveu de ses fautes. Elle est aussi un moteur de confiance et d’amélioration.

L’imputabilité demande du courage. Et ce courage est conditionné par le contexte. Un environnement bienveillant favorise l’imputabilité en minimisant les risques liés à l’aveu d’erreur.

Le courage de l’imputabilité dépend donc aussi de la culture dans laquelle il s’exerce.

 
 
 

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